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Le Ministre Alio Daouda et sa délégation sont dans la région de Tahoua dans le cadre de la mission de visite des Juridictions et Établissements Pénitentiaires du pays. Après les Juridictions et Établissements Pénitentiaires de la région d'Agadez , la mission ministérielle conduite par Monsieur Alio Daouda a effectué des visites aux Maisons d'arrêt
et dans les Tribunaux d'Instance de Madaoua, Bouza et Keita.
A toutes ces occasions, les responsables de ces différents établissements ont fait la situation de leurs services au de l'année écoulée 2025 et pour l'année en cours 2026.
Pour les Régisseurs des Maisons d'arrêt, les problèmes récurrents sont généralement la surpopulation carcérale et le désœuvrement des détenus qui nécessite une prise en charge à travers des activités de production. Tout de même, un constat qui se dégage de plus en plus est le sensible renversement de la tendance au niveau des maisons d'arrêt ou le nombre des détenus condamnés est supérieur à celui des prévenus. Cette tendance signifie qu'un travail sérieux et conséquent est en train d'être abattu par les juges de nos Juridictions et qu'il faille soutenir et accompagner selon le Ministre Alio Daouda qui a également constaté à certains égards la tendance de certains juges à vouloir être trop répressifs alors que certaines situations ne le méritent pas. Il faut...
Au regard de la situation de trésorerie que traverse le pays il n'est pas aussi important d'avoir cette attitude de décerner un mandat de dépôt à tous les prévenus. Le ministre Alio Daouda conseille souvent aux juges de se référer aux peines alternatives à l'incarcération comme la Comparution Préalable sur Reconnaissance de Culpabilité (CPRC) et le Travail d'Intérêt Général (TIG) qui sont aussi désormais des sanctions principales légales. Ces peines alternatives à l'incarcération pourraient non seulement désengorger les maisons d'arrêt mais aussi occasionner de faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'État mais également faire des économies sur les crédits budgétaires accordés par l'État à nos maisons qui pourraient renforcer leurs capacités sur d'autres activités comme la production pénitentiaire.
Par ailleurs, le Ministre Alio Daouda avait instruit les Régisseurs des Maisons d'Arret d'être très regardant dans la composition de leurs pensionnaires principalement les étrangers et les crimes ou délits qui leur sont reprochés. Car, cela pourrait être des éléments révélateurs de certains crimes plus dangereux comme le terrorisme par exemple.
Quant aux visites dans les Juridictions, il a été révélateur d'un certains nombres de manquements professionnels particulièrement par les Magistrats qui tiennent la fonction de Juge. L'un des manquements les plus remarquables restent le refus de rédiger les jugements qui est pourtant un devoir professionnel du Juge. Le comble a atteint la limite du tolérable lorsqu'il a été révélé dans une des Juridictions visitées, une importante quantité de dossiers judiciaires non rédigés après jugement qui pourraient atteindre 700!
A cette occasion le Ministre a donné des instructions aux inspecteurs des services judiciaires et Pénitentiaires d'évaluer les dossiers non rédigés, de les emballer et d'identifier les Juges responsables de ces forfaits afin de les leur renvoyer aux fins de rédiger les jugements qu'ils ont rendus dans les juridictions qu'ils ont quitté au de subir des sanctions.
Plusieurs autres dossiers ont été découverts archivés dans les coffres des Greffiers en chef de certaines juridictions jusqu'à leur prescription et sans aucun avis.
Au cours de ces visites dans les juridictions, il a également été relevé que des Magistrats et même des Greffiers, ne resident pas sur leur lieu d'affectation ! Le Ministre Alio DAOUDA a donné une dernière sommation à ceux qui se trouvent dans cette situation, de rejoindre leurs postes d'affectation au risque de subir de lourdes sanctions administratives.
D'autres constats relèvent souvent de faits divers lorsqu'un juge d'instance écrit au Président de la République ou au Premier Ministre pour un avis de poursuite en oubliant que son premier responsable reste le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice à travers le Procureur Général!
Tous ces manquements restent liés au non respect de l'éthique et à la déontologie du métier du Magistrat, à l'ignorance ou à la non prise en compte par les Magistrats du rôle de la justice dans la Refondation que la nouvelle vision de la politique pénitentiaire envisage de promouvoir.
La Justice doit mobiliser les moyens financiers et donner aux détenus d'entreprendre des activités utiles pouvant leur servir à mieux s'insérer dans la société après avoir purgé leurs peines.
C'est pourquoi le Ministre de la Justice et des Droits de l'Homme a initié la mise en place d'une Commission de Surveillance au sein de chaque Maison d'arrêt et a fait de requêtes auprès de chaque commune pour mettre à la disposition des maisons d'arrêt des terrains pour exploitation par les détenus.
Cette mission de visite des Juridictions se poursuivra ce mercredi 17 juin 2026 à la maison d'arrêt et au Tribunal d'Instance de Illéla.
Au cours de cette visite des Juridictions, le Ministre Alio Daouda a rendu une visite de courtoisie aux différents chefs coutumiers des localités visitées.
Moussa HAMIDOU
DAID/R
M. Justice