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Niamey, 06 oct (ANP)-Le Ministre du Pétrole, M. Hamadou Tini a présenté, dans l'après-midi du lundi 5 octobre 2026, une communication devant la plénière du Conseil Consultatif de la Refondation portant sur la situation de la consommation du Super et du Gasoil au Niger.
Dans son exposé, le ministre a déclaré que, ''le Super constitue aujourd'hui le principal facteur de tension du dispositif national d'approvisionnement. Le déficit passe de 47,25 millions de litres en 2024 à 159,74 millions de litres en 2025, puis atteint déjà 196,62 millions de litres sur les huit premiers mois de 2026″.
« Le point particulièrement important pour la décision publique est que ce déficit enregistré sur les huit premiers mois de 2026 dépasse déjà celui observé sur l'ensemble de l'année 2025'' a relevé le Ministre du pétrole, selon qui ''le besoin d'importation devient ainsi une composante de plus en plus importante de l'approvisionnement du marché ».
Pour Hamadou Tini, « cette évolution appelle une vigilance particulière, car l'augmentation des volumes importés intervient alors que les produits importés peuvent être acquis à un coût supérieur au prix de cession intérieur de SORAZ. Elle peut donc accroître la pression sur la trésorerie de la SONIDEP ».
Pour le Gazoil, a expliqué le Ministre, « la situation est différente de celle du Super. En 2024, l'écart SORAZ–SONIDEP était négatif de 24,39 millions de litres. En 2025, le solde devient positif de 9,44 millions de litres. En revanche, sur les huit premiers mois de 2026, un déficit de 52,60 millions de litres apparaît ».
« Cette évolution montre que la tension n'est plus limitée au Super. Le Gasoil doit désormais faire l'objet d'un suivi rapproché, notamment au regard de son importance pour le transport, l'activité économique, l'agriculture, les mines et la production d'électricité'' a indiqué le membre du gouvernement, selon qui ''les écarts entre livraisons SORAZ et sorties SONIDEP ne doivent pas être interprétés automatiquement comme des volumes fraudés ou sortis clandestinement du territoire. Ils constituent d'abord un signal d'alerte qui doit être rapproché de la production, des stocks, des importations, des ventes par zone, de la consommation intérieure et des mouvements transfrontaliers ».
Selon le Ministre Hamadou Tini, « plusieurs facteurs peuvent se combiner avec l'insuffisance de la production nationale par rapport aux sorties, reprise de l'activité économique et évolution de la demande, ravitaillement de véhicules étrangers, mouvements de produits vers les zones frontalières et éventuelles sorties irrégulières. L'enjeu est donc de mesurer précisément la destination réelle des volumes''.
Soulignant que « le recours croissant aux importations pose une question de soutenabilité financière lorsque le coût réel d'approvisionnement d'un produit importé est supérieur à son prix de cession. Chaque volume au marché intérieur peut générer un différentiel qui pèse sur la trésorerie de la SONIDEP ».
« Il apparaît donc nécessaire de distinguer clairement deux questions, d'une part, la sécurisation physique de l'approvisionnement, d'autre part, la soutenabilité financière du mécanisme de fourniture au marché national'' a relevé le Ministre Tini qui a fait remarquer que ''le problème n'est pas simplement de savoir si le Niger produit ou importe suffisamment de carburant. Il est de parvenir à un équilibre durable entre la production nationale, les importations, les stocks, la consommation réelle, les mouvements transfrontaliers, le niveau des prix et la capacité financière de la SONIDEP''.
Quant au GPL, a cité Hamadou Tini, « les ressources recensées passent d'environ 69 400 tonnes en 2023 à plus de 90 400 tonnes en 2025.C'est une progression très importante. Les importations représentent environ 31,5 % en 2023; 28,4 % en 2024; 39,3 % en 2025; environ 36,7 % au 30 septembre 2026. Le GPL est donc lui aussi structurellement dépendant d'un équilibre entre l'offre et la demande. Ils concernent la cuisson, la réduction de la pression sur le bois-énergie, la qualité de vie. Sécuriser le GPL, ce n'est donc pas seulement sécuriser un produit'', pour lui « c'est également protéger les ménages et accompagner la transition énergétique domestique.
''Il est d'ailleurs intéressant de constater que le coût moyen apparent des importations de GPL diminue : de 809 FCFA/kg en 2025 à environ 670 FCFA/kg en 2026, alors que le prix de revente est de 180 FCFA/kg et cela montre encore une fois que chaque produit doit être piloté selon sa propre économie », a-t-il laissé entendre.
''Le Jet A1 présente une évolution différente, les importations sont passées de 53 400 m³ en 2023 à environ 25 400 m³ en 2024 puis 14 400 m³ en 2025'', a fait observe Amadou tini qui a annoncé qu'au ''30 septembre 2026, elles atteignent environ 14 300 m³. Nous avons donc connu une baisse très forte des volumes depuis 2023, suivie d'une relative stabilisation. Mais une caractéristique demeure; le Jet A1 est entièrement approvisionné par importation, Il faut donc le sécuriser avec un mécanisme spécifique, adapté à son niveau de consommation et à sa dépendance totale aux approvisionnements extérieurs. Là, la filière algérienne est pronée ».
Quant aux volumes de pétrole lampant importé, ils restent faibles par rapport aux carburants. Mais ils progressent de 627 m³ en 2023; de 715 m³ en 2024; de 815 m³ en 2025; et environ 985 m³ au 30 septembre 2026.
« La SORAZ continue de produire. Elle reste indispensable. Les livraisons de la SORAZ à la SONIDEP sont de l'ordre de 1,5 million de litres par jour. C'est une contribution très importante. La capacité installée de la SORAZ est de 20 000 barils par jour'', a-t-il rappelé, soulignant que cette ''capacité installée n'est pas une capacité disponible tous les jours de l'année et les ratios des produits raffinés sont de 55% pour le gasoil, 26% pour l'essence et 5% pour le GPL, pour un rendement de 86%. », a conclu le ministre Hamadou Tini.
HA/AS/ANP 065 octobre 2026