Rentrée solennelle du Barreau du Niger : Les défis du barreau du Niger au centre des travaux

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Le Premier ministre, Chef du gouvernement S.E Brigi Rafini, a présidé, vendredi dernier, au Palais des Congres de Niamey, l'ouverture des travaux la rentrée solennelle du Barreau du Niger, au titre de l'année 2014-2015, sous le thème « avocat et ethnique ». Cette rencontre dont l'importance n'est plus à démonter dans la vie de l'ordre des avocats a été l'occasion pour l'ensemble des défenseurs de l'état de droit ; de la démocratie ; de la liberté et de la justice venus de tous les pays membres de l'espace UEMOA et de l'Europe d'examiner les problèmes auxquels cette profession est confrontée ici tout comme ailleurs.
La cérémonie a débuté avec l'exécution par le « groupe Sogha » de l'hymne du barreau du Niger. Un hymne qui traduit éloquemment le serment de l'avocat avant son entrée en fonction et le travail harassent qui l'attend dans cette profession de défense de la défense. En effet, présents à cette rencontre, le secrétaire général de la Conférence Internationale des Barreaux (CIB), le bâtonnier Vatier et le représentant des barreaux européens, le bâtonnier Hubert De Boissy, tous deux célèbres dans la carrière de la défense des justiciables ont salué la marque de confiance qui leur est faite à travers l'invitation à cette rentrée solennelle du barreau du Niger. Ainsi, la conférence internationale des barreaux regroupe quarante quatre (44) pays francophones. Elle est un lieu de fraternité et de solidarité pour les hommes qui ont choisi librement de défendre l'état de droit, de la démocratie, de la liberté et de la justice. Pour le secrétaire général de la CIB, les avocats sont des artisans d'une société de paix et de justice. Et le respect de l'éthique et de la déontologie de la profession font d'eux des vrais soldats de la liberté.

Quant au président de la conférence des barreaux de l'espace UEMOA, le bâtonnier Mamadou Traore du barreau du Burkina Faso, il a souligné que l'acquis fondamental engrangé par les barreaux des pays de cet espace communautaire est sans conteste l'adoption du règlement portant harmonisation des règles régissant la profession d'avocat dans la zone UEMOA. Ce règlement, a-t-il ajouté « est un acquis majeur pour nos barreaux en ce sens qu'il a harmonisé nos règles professionnelles rendant effective la liberté de circulation et le droit d'établissement des avocats dans notre espace communautaire ». Il a cependant relevé que le barreau du Niger fait partie des barreaux qui n'ont pas encore de Caisse Autonome de Règlement Pécuniaire des Avocats (CARPA). Cette dernière est un instrument de sécurisation juridique pour les justiciables mais aussi d'indépendance financière pour les Ordres et de source de financement pour la formation continue. C'est dire toute la nécessite et l'impératif pour le barreau du Niger de disposer de cette caisse qui est tout comme la formation initiale et continue des avocats une obligation contenue dans le règlement de l'UEMOA. La CARPA est aussi un élément de protection des avocats contre certaines formes de criminalité notamment le blanchiment de capitaux lies au terrorisme et au trafic de drogue.
Pour sa part, le jeune bâtonnier de l'ordre des avocats du Niger Me Daouda Samna, a dans un ton propre à l'avocat relevé que le secteur judiciaire n'est pas épargné par la corruption. Par rapport à la vie du barreau du Niger, le bâtonnier Daouda Samna a indiqué que depuis bientôt une décennie, le discours du barreau a porté sur les mêmes préoccupations. « Nous avons été écoutés ; mais nous n'avons encore pas été entendus. Des promesses ont été faites, mais elles tardent à être tenues ». Il a par ailleurs rappelé certaines exigences que loi met à la charge des autorités. Il s'agit en l'occurrence du code de procédure civile non encore adopté après 54 ans d'indépendance de notre pays ; la Caisse des Règlements Pécuniaires de l'Avocat (CARPA) qui est non seulement une exigence de la loi nationale mais aussi du règlement de l'UEMOA. A cela s'ajoutent plusieurs projets de décret minutieusement préparés et transmis par le barreau du Niger au ministère de la Justice concernant la CARPA. Me Daouda Samna n'a pas oublié d'évoquer la question liée à la l'Agence Nigérienne pour l'Assistance Juridique et Judicaire (ANAJ) dont l'animation reste aussi préoccupation majeure par le barreau du Niger. (Nous y reviendrons avec le discours de lancement prononcé par le Premier ministre).

Hassane Daouda